27 décembre 2010

Merzhin - Chez Paulette (Pagney Derrière Barine - 11 décembre 2010)

9 jours plus tard et deuxième point d'étape avec Merzhin, après notre rencontre au Point Ephémère à Paris le 02 décembre dernier.

C'est Chez Paulette que le groupe dépose cette fois-ci bagages et bonne humeur, découvrant ce lieu mythique avec la joie de s'être évité de nouveaux déboires sur rails, la neige étant finalement absente de la partie.

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Première partie plutôt agréable quoique presque décalée par rapport à l'univers plus rock de Merzhin, Lucas assure seul, au piano et à la guitare. Mélange de voix et d'humour,  ritournelles agréables et éclairage minimaliste. Pas forcément le plus à même pour chauffer de joyeux soifa...mateurs de rock'n'roll, mais planant et plaisant !

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Et puis...

embarquez dans le train-train rassurant d'un monde breton. Un monde breton peuplé de fantômes et d'histoires américaines, d'est en ouest, parcourir ce monde en quête de voyages. Lancinante batterie, entends-tu comme la vapeur souffre et s'évapore de la locomotive ? De part et d'autre de la scène, les guitares rugissent, s'apaisent, gémissent, racontent des histoires. Au micro, les chœurs se font et s'assemblent, se défont, sans cesse ensemble.

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Des étoiles jaillissent, palpitent, chaque mélodie ricoche dans la salle, rebondit sur les parois de bois, reviens sur la scène basse, presque à même les spectateurs. Des myriades de couleurs éclatent en gerbes de pétales survoltés, on ne perd rien pour attendre. L'or bondit entre le bleu et l'acier, des cuivres imprenables tranchant la nuit, entre cow boys et indiens, le souffle se vente de disperser les corps comme le sable, un immense désert d'émotions nous réchauffe le cœur. Les tempes tonnent, les lèvres se muent et murmurent, les aficionados attendent bien là les comptines nouvelles, les enfantines mais aussi les plus anciennes. Cohésion, Merzhin est un tout, des atouts qui s'épanchent, mis bout à bout, se dépensent et composent pour toi, pour lui, pour nous.

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Engagés, perdus entre premier et second degré, les textes se crash et s'amoncellent, paille innocente venue attiser un brasier ardent. L'incandescence des sentiments, l'expulsion de la rage, une voix brisée, belle à hurler, soudain éteinte. D'un monde à l'autre, des univers défilent, comme des bandes rivales se succèdent sur le projecteur centenaire, encore palpitant.

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Dans ce wagon bar, les corps s'entourent, en redemandent, passent de la basse au piano, le choc des enceintes caresse les blancs. Dans un écrin de lumière, lorsque les héros disparaissent, ils n'en reviennent pas moins affamés, la soif de la découverte et l'envie de danser, la pantomime continue, bien faite et bienheureuse, les décibels captivant les yeux.

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Barré, les ongles strient le manche, les cordes torsadées se frottent, se plaquent. Des étincelles du nord s'éparpillent du sol au plafond, les contours courent et s'écoutent, silhouettes imprévisibles. Les mains divaguent, les ondes éparses. Dehors, le silence s'appesantit peu à peu. La nuit dort et se calme, mais le sang en veut encore et encore. Des gouttelettes de poussière s'abandonnent. Tout se fige, stagnante activité. La lumière redessine les vies de chacun, l'onirique torpeur se rue, par les portes, par les fenêtres, l'union sacrée implose et s'imbrique dans nos veines.

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La morsure de l'absence nous envahit, nos entités se subdivisent, et quittent le rêve pour plonger dans la vie, réalité passée encore trop vite.

Le prochain rendez-vous semblera encore éternel, la durée nous en séparant aussi...

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